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Niveau 2 · Les fondations✓ Chiffres vérifiés : juillet 2026

Protéger tes revenus (prévoyance)

Ton actif financier le plus important n’est pas ton épargne, c’est ta capacité à gagner un revenu — et c’est presque toujours le seul que personne n’assure. En 2026, l’indemnité journalière maladie du régime général plafonne à 42,97 € par jour, soit environ 1 307 € par mois, quel que soit ton salaire. Si ton budget ne tient pas à ce niveau-là pendant six mois, tu as un trou à combler : par un matelas, par ton employeur, ou par un contrat de prévoyance.

On assure sa voiture, son logement, son téléphone. On n’assure pas la machine qui produit tout le reste. Pourtant, sur une carrière, la probabilité de connaître un arrêt de travail long — plus de trois mois — est loin d’être négligeable, et l’ordre de grandeur du préjudice dépasse celui de tous les autres risques réunis : quelqu’un qui gagne 3 000 € net et travaille encore vingt ans porte environ 720 000 € de revenus futurs.

C’est pour ça que la prévoyance vient au niveau 2 du système, à côté du matelas de sécurité : ce sont deux réponses au même problème, à deux horizons différents. Le matelas absorbe les semaines, la prévoyance absorbe les années.

SituationCe que verse le régime généralPlafond
Arrêt de travail (maladie)50 % du salaire journalier de base, après 3 jours de carenceEnviron 1 307 €/mois (42,97 €/jour)
Invalidité 1re catégorie (activité réduite possible)30 % du salaire annuel moyenEnviron 1 202 €/mois
Invalidité 2e catégorie (activité impossible)50 % du salaire annuel moyenEnviron 2 002 €/mois
Décès (salarié)Capital décès forfaitaire versé aux proches4 009 € au 1er avril 2026

Deux chiffres méritent qu’on s’arrête dessus. Le premier est ce plafond de 1 307 € : il ne dépend pas de ce que tu gagnes. Un salarié à 2 000 € net perd environ 35 % de son revenu, un salarié à 3 000 € en perd 56 %, un salarié à 4 500 € en perd 71 %. Plus ton salaire est élevé, plus le trou est grand — c’est exactement l’inverse de l’intuition qu’on a sur la protection sociale.

Le second est le capital décès : 4 009 €. C’est un montant de frais d’obsèques, pas une protection familiale. Si des personnes dépendent de tes revenus, le régime général ne les protège pas.

Ce qui vient compléter, avant d’acheter quoi que ce soit

Section intitulée « Ce qui vient compléter, avant d’acheter quoi que ce soit »

Avant d’envisager un contrat, il y a trois couvertures à aller lire, parce qu’elles existent peut-être déjà et qu’elles changent tout au calcul.

Ta convention collective et le contrat de prévoyance de ton entreprise. Beaucoup de salariés sont couverts sans le savoir, souvent avec un maintien de salaire à 80 ou 100 % pendant plusieurs mois, puis des rentes d’invalidité et un capital décès de un à trois ans de salaire. Ces garanties figurent sur ta fiche de paie (une ligne de cotisation prévoyance) et dans la notice d’information que l’employeur doit te remettre. C’est le premier document à demander.

L’assurance emprunteur de ton crédit immobilier. Elle couvre les mensualités du prêt en cas d’arrêt de travail ou d’invalidité, et rembourse le capital restant en cas de décès. Elle protège donc déjà la plus grosse dépense fixe du foyer — vérifie les quotités choisies pour chacun des deux emprunteurs, et les exclusions, qui sont l’endroit où ces contrats se distinguent vraiment.

Ton matelas de sécurité. Trois à six mois de dépenses couvrent précisément la période où les garanties collectives se mettent en place, souvent avec un délai de franchise de 30 à 90 jours. Un matelas correct rend une prévoyance moins chère, parce qu’il permet d’accepter une franchise plus longue.

Un travailleur indépendant part de beaucoup plus bas : indemnités journalières calculées sur le revenu professionnel moyen et souvent très faibles, délai de carence pouvant aller jusqu’à sept jours, aucune convention collective derrière, aucun maintien de salaire d’employeur. Pour un freelance, un artisan ou un dirigeant, la prévoyance n’est pas un complément de confort : c’est la couverture principale. Les cotisations d’un contrat Madelin sont par ailleurs déductibles du revenu professionnel, dans une limite qui dépend du revenu — ce qui réduit le coût réel de façon significative.

Questions fréquentes

Mon employeur maintient mon salaire, je suis couvert ?
Sur les premiers mois, souvent oui. La question est la durée : le maintien légal est limité et dépend de ton ancienneté, et beaucoup de conventions s'arrêtent entre 90 jours et un an. C'est au-delà que le trou apparaît, c'est-à-dire précisément dans les situations les plus graves. Regarde ce que prévoit ta notice après 12 mois d'arrêt : c'est la seule ligne qui compte vraiment.
Prévoyance ou assurance vie, pour protéger ma famille ?
Ce ne sont pas des produits concurrents. L'assurance décès (temporaire) verse un capital important pour une cotisation faible, mais uniquement si le décès survient pendant la période couverte — c'est l'outil pour protéger des personnes à charge tant qu'elles le sont. L'assurance vie est une enveloppe d'épargne : ton capital y est disponible, il se transmet dans un cadre fiscal favorable, mais elle ne crée pas de capital que tu n'as pas encore constitué.
Combien ça coûte ?
Trop variable pour donner un prix ici honnêtement : la cotisation dépend de l'âge, de la profession, du niveau de garantie et de la franchise choisie, et elle augmente avec l'âge sur la plupart des contrats. L'ordre de grandeur utile est plutôt un rapport : compare toujours la cotisation annuelle au montant de rente garantie, et regarde ce que devient la cotisation à 50 et à 60 ans, pas seulement le tarif d'appel.
Pourquoi cette page ne recommande-t-elle aucun contrat ?
Parce qu'un bon contrat de prévoyance dépend de garanties qui ne se comparent pas dans un tableau générique — définition de l'invalidité, exclusions, salaire de référence, indexation. C'est un domaine où l'analyse du contrat compte plus que le nom de l'assureur, et où je ne perçois aucune commission : c'est justement pour ça que je peux te dire de ne rien souscrire si le calcul montre que tu n'en as pas besoin.

Contenu pédagogique général, pas un conseil personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.