Préparer sa retraite
Préparer sa retraite se résume à trois nombres : ce que tu toucheras, ce dont tu auras besoin, et l’écart entre les deux. Le premier est estimable en dix minutes, gratuitement. Le troisième détermine tout le reste — combien mettre de côté, sur quoi, et pendant combien de temps. L’erreur la plus fréquente n’est pas de choisir le mauvais produit, c’est de ne jamais faire ce calcul.
Étape 1 : ce que tu toucheras
Section intitulée « Étape 1 : ce que tu toucheras »Va sur info-retraite.fr, le service public qui rassemble tous tes régimes. Ton relevé de carrière et une estimation de ta pension future y sont accessibles avec France Connect, tous régimes confondus. C’est gratuit, c’est officiel, et c’est le seul chiffre de départ sérieux.
Profites-en pour vérifier que ta carrière est complète : un trimestre oublié, un employeur manquant, une période d’apprentissage non prise en compte se corrigent bien plus facilement à 40 ans qu’à 62.
Ordre de grandeur utile en attendant : un salarié du privé perçoit typiquement une pension comprise entre 50 et 75 % de son dernier salaire net, la proportion étant d’autant plus faible que le salaire est élevé. Les indépendants sont souvent plus bas, parfois nettement.
Étape 2 : ce dont tu auras besoin
Section intitulée « Étape 2 : ce dont tu auras besoin »Contrairement à l’intuition, ce n’est pas 100 % de ton niveau de vie actuel. Certaines dépenses disparaissent — crédit immobilier remboursé, enfants autonomes, frais professionnels et transport — et d’autres augmentent, notamment la santé et les loisirs.
Un point de départ raisonnable : 70 à 80 % de tes dépenses actuelles, à ajuster selon deux questions décisives. Seras-tu propriétaire sans crédit ? Un loyer à payer pendant trente ans de retraite change complètement l’équation. Et quel niveau de vie veux-tu réellement, plutôt que subir ?
Étape 3 : combler l’écart
Section intitulée « Étape 3 : combler l’écart »| Il te reste… | Ce qui compte le plus | Les outils adaptés |
|---|---|---|
| Plus de 20 ans | La régularité et la durée. Une petite somme mensuelle suffit à faire beaucoup. | PEA avec ETF actions, épargne salariale avec abondement |
| 10 à 20 ans | Monter le montant, garder une part actions élevée mais commencer à réfléchir à la sécurisation. | PEA, assurance-vie, PER si ta tranche est élevée |
| Moins de 10 ans | Sécuriser progressivement, et optimiser l’impôt maintenant. | PER (déduction immédiate), assurance-vie, fonds en euros |
Le calcul est plus encourageant qu’on ne le croit quand on s’y prend tôt. À 250 €/mois investis à 7 %/an, on obtient environ 130 000 € en 20 ans et 656 000 € en 40 ans — la différence entre commencer à 45 ans et commencer à 25 ans, pour le même effort mensuel.
Le PER : utile, mais pas pour tout le monde
Section intitulée « Le PER : utile, mais pas pour tout le monde »Le PER permet de déduire tes versements de ton revenu imposable. L’économie d’impôt est donc proportionnelle à ta tranche marginale : à 30 %, verser 1 000 € ne t’en coûte que 700 ; à 11 %, 890 €. En contrepartie, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite — hors cas de déblocage prévus, dont l’achat de la résidence principale — et sera imposé à la sortie.
La logique est donc un pari sur les tranches : tu déduis aujourd’hui à ta tranche actuelle et tu seras imposé plus tard, en principe à une tranche plus faible puisque ta pension sera inférieure à ton salaire. Ce pari est gagnant à tranche élevée et à échéance proche. À 11 % de tranche marginale et à trente ans de la retraite, le blocage coûte plus que l’avantage : un PEA fait mieux.
Questions fréquentes
À quel âge faut-il commencer ?
PER ou assurance-vie pour ma retraite ?
Comment on transforme un capital en revenu à la retraite ?
Je suis indépendant, ça change quoi ?
Pour aller plus loin
Section intitulée « Pour aller plus loin »- PEA, assurance-vie, CTO, PER — comparer les quatre enveloppes
- L’épargne salariale, l’argent gratuit — le premier réflexe si tu es salarié
- Définir sa stratégie — l’allocation à mesure que l’échéance approche
Contenu pédagogique général, pas un conseil personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.