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Niveau 3 · Ton capital✓ Chiffres vérifiés : juillet 2026

Donner et transmettre

Transmettre coûte d’autant moins cher qu’on s’y prend tôt, parce que les abattements se rechargent : 100 000 € par parent et par enfant, sans aucun droit à payer, et de nouveau 100 000 € quinze ans plus tard. À côté de ça, l’assurance vie ouvre un canal séparé de 152 500 € par bénéficiaire, et un dispositif temporaire permet jusqu’au 31 décembre 2026 de donner 100 000 € de plus, exonérés, pour financer un logement neuf. Le levier ici n’est pas l’optimisation : c’est le calendrier.

LienAbattementRechargement
Parent → enfant (donation ou succession)100 000 € par parent et par enfantTous les 15 ans
Grand-parent → petit-enfant (donation)31 865 €Tous les 15 ans
Don familial de sommes d’argent (art. 790 G)31 865 €, cumulable avec les précédentsTous les 15 ans, donateur de moins de 80 ans
Époux ou partenaire de PACS (succession)Exonération totale
Époux ou partenaire de PACS (donation)80 724 €Tous les 15 ans
Frère ou sœur (succession)15 932 €
Bénéficiaire en situation de handicap159 325 € en plus de l’abattement de parenté

Un couple avec deux enfants peut donc transmettre 400 000 € sans un euro de droits — 100 000 € de chaque parent vers chaque enfant — puis recommencer quinze ans plus tard. En ajoutant le don familial de sommes d’argent, on monte à 527 460 € sur la même période. C’est très au-dessus du patrimoine médian des ménages français, ce qui veut dire une chose simple : pour la plupart des familles, une transmission anticipée avec un minimum de méthode ne paie aucun droit.

Le barème ne s’applique qu’au-delà. En ligne directe, il commence à 5 % et monte par tranches jusqu’à 45 % au-delà de 1 805 677 € : 5 % jusqu’à 8 072 €, 10 % jusqu’à 12 109 €, 15 % jusqu’à 15 932 €, 20 % jusqu’à 552 324 € — c’est la tranche qui concerne l’immense majorité des successions taxées — puis 30 %, 40 % et 45 %.

Les capitaux versés aux bénéficiaires d’un contrat d’assurance vie ne font pas partie de la succession civile, et ils ont leur propre fiscalité. Pour les primes versées avant tes 70 ans, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 €, puis d’un taux de 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, l’abattement tombe à 30 500 € au total, partagé entre les bénéficiaires — mais avec une nuance qui compte : seules les primes sont taxables, les intérêts et plus-values générés par le contrat sont totalement exonérés.

Deux conséquences pratiques. D’abord, cet abattement se cumule avec les 100 000 € du droit commun : un enfant peut recevoir 100 000 € par donation ou succession et 152 500 € via l’assurance vie, sans droits. Ensuite, l’âge de 70 ans est une vraie borne : les versements importants gagnent à être faits avant, ce qui suppose d’avoir ouvert le contrat tôt — l’ancienneté du contrat, elle, n’a aucun effet sur cette fiscalité de décès.

Et le point le plus négligé de tous : la clause bénéficiaire. C’est elle qui décide qui reçoit quoi. Une clause rédigée à l’ouverture il y a vingt ans, jamais relue depuis un divorce ou une naissance, est la première cause de transmission qui se passe mal. Elle se modifie gratuitement, par simple courrier à l’assureur.

Un dispositif temporaire — l’article 790 A bis du code général des impôts — permet, pour les dons consentis entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026, de donner 100 000 € par donateur exonérés de droits, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire, en plus de tous les abattements ci-dessus. Les donateurs possibles sont les parents, grands-parents et arrière-grands-parents (ou, à défaut de descendance, les oncles et tantes vers neveux et nièces).

Les conditions sont strictes, et c’est là que les dossiers échouent : les fonds doivent financer l’acquisition d’un logement neuf ou en VEFA, ou des travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov’ sur la résidence principale ; ils doivent être employés dans les six mois suivant le don ; et le logement doit être conservé et occupé comme résidence principale pendant au moins cinq ans (la location à un tiers est admise pour l’acquisition, pas pour la rénovation).

Si un enfant a un projet d’achat dans le neuf dans les prochains mois et que les parents ont les moyens d’aider, c’est aujourd’hui le dispositif le plus avantageux disponible. Passé le 31 décembre 2026, il disparaît sauf prolongation votée par le Parlement.

Questions fréquentes

Faut-il passer par un notaire pour donner de l’argent ?
Pas toujours. Un don d'argent par virement peut se faire sans acte notarié, mais il doit être déclaré à l'administration fiscale (formulaire 2735) dans le mois suivant — c'est cette déclaration qui date le don et fait courir le délai de 15 ans. Sans elle, l'abattement risque d'être contesté au moment de la succession. En revanche, la donation d'un bien immobilier passe obligatoirement chez le notaire.
Les 15 ans partent de quand, exactement ?
De la date du don déclaré. Chaque abattement se reconstitue intégralement quinze ans après la donation précédente entre les deux mêmes personnes — c'est pour cela que la première donation faite à 50 ans plutôt qu'à 70 ans peut ouvrir deux ou trois cycles au lieu d'un. Le calendrier fait ici plus de différence que n'importe quel montage.
Puis-je donner à mes petits-enfants directement ?
Oui, avec un abattement de 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant en donation, renouvelable tous les 15 ans, cumulable avec le don familial de sommes d'argent. C'est un moyen efficace de faire « sauter une génération » et d'éviter une double taxation du même patrimoine. En succession, en revanche, l'abattement d'un petit-enfant n'est que de 1 594 € si son parent est vivant — d'où l'intérêt de le faire de son vivant.
Et si je donne à quelqu’un hors de ma famille ?
Les droits sont alors de 60 % au-delà d'un abattement très faible, quel que soit le montant. C'est le taux qui s'applique aussi entre concubins non pacsés — une des raisons pour lesquelles la question du PACS ou du mariage n'est pas seulement sentimentale quand un patrimoine commun existe.

Contenu pédagogique général, pas un conseil personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.