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Niveau 3 · Ton capital✓ Chiffres vérifiés : mai 2026

Définir sa stratégie

Ta « stratégie », c’est simplement ta répartition entre placements risqués (les actions) et sécurisés (obligations, fonds en euros) — ce qu’on appelle l’allocation. C’est la décision la plus importante de ton plan : elle détermine environ 80 % de ton rendement, et autant de ton risque. Le choix des produits vient après, et compte beaucoup moins.

Pourquoi l’allocation prime sur le choix des produits

Section intitulée « Pourquoi l’allocation prime sur le choix des produits »

Une intuition répandue veut que réussir en investissement consiste à trouver le bon produit. En réalité, l’écart entre deux ETF monde correctement choisis est de quelques dixièmes de point par an ; l’écart entre un portefeuille à 100 % actions et un portefeuille à 20 % actions dépasse 3 points par an, et surtout 35 points de perte maximale.

Autrement dit : passer une heure à choisir entre deux ETF, quand la question de l’allocation n’est pas tranchée, revient à peaufiner la peinture d’une maison dont on n’a pas décidé le nombre d’étages.

Sur la période de juin 2008 à septembre 2025 — qui a le mérite d’inclure la crise financière de 2008, celle de 2020 et la remontée des taux de 2022 :

Allocation (risqué / sécurisé)Performance annuelle moyennePerte maximale traversée
100 % / 0 %7,2 %/an−50,3 %
80 % / 20 %6,5 %/an−41 %
50 % / 50 %5,2 %/an−25,7 %
20 % / 80 %3,7 %/an−15 %

Chiffres vérifiés : mai 2026 — ils évoluent dans le temps. Période de juin 2008 à septembre 2025. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures : ce tableau montre un ordre de grandeur du couple rendement/risque, pas une prévision.

Lis ce tableau de droite à gauche. La colonne qui compte vraiment n’est pas la performance, c’est la perte maximale : c’est elle que tu devras vivre, sur ton propre argent, en gardant le cap. Un portefeuille 100 % actions a vu la moitié de sa valeur disparaître — sur 100 000 €, cela signifie regarder un solde de 50 000 € et ne pas vendre.

Trois critères, dans cet ordre.

Ton horizon. C’est le plus objectif. Moins de 5 ans : pas d’actions. De 5 à 10 ans : une part mesurée. Plus de 10 ans : la part d’actions peut être élevée, parce que le temps fait le travail. Chaque euro a son propre horizon, donc potentiellement sa propre allocation.

Ta capacité à encaisser une baisse. Pas ton envie théorique de rendement — ta réaction réelle. La bonne question n’est pas « quel rendement veux-tu ? » (tout le monde répond « le maximum ») mais « qu’aurais-tu fait en mars 2020, quand ton portefeuille affichait −30 % en trois semaines ? ». Si la réponse honnête est « j’aurais vendu », alors une allocation à 100 % actions n’est pas faite pour toi, quel que soit ton horizon.

Ta situation. Revenus stables ou irréguliers, matelas complet ou pas, crédits en cours, personnes à charge. Un indépendant sans matelas n’a pas la même marge de manœuvre qu’un fonctionnaire avec six mois de dépenses de côté.

Une allocation se choisit une fois et se laisse tranquille. Elle ne se modifie que si ta situation change — un projet nouveau, un horizon qui se raccourcit, une naissance — et jamais parce que les marchés montent ou baissent. Ajuster son allocation en fonction de l’actualité, c’est faire exactement ce que l’allocation était censée empêcher.

Une seule opération d’entretien mérite d’être faite, une fois par an : le rééquilibrage. Si ta cible est 80/20 et que les actions ont bien monté, tu te retrouves peut-être à 88/12 — donc plus risqué que prévu. Tu ramènes à la cible en dirigeant tes versements du moment vers la part qui a le moins progressé. Rien de plus.

Questions fréquentes

La règle « 100 moins ton âge en actions », c’est valable ?
C'est un point de départ acceptable, pas une règle. À 30 ans elle suggère 70 % d'actions, ce qui est raisonnable ; à 60 ans, 40 %, ce qui peut être trop prudent si cet argent est destiné à tes petits-enfants et non à ta retraite. L'horizon de l'argent compte plus que l'âge de son propriétaire.
Je peux avoir plusieurs allocations différentes ?
Oui, et c'est souvent le plus juste : ton matelas est à 0 % d'actions par définition, l'apport de ton achat dans trois ans aussi, et ton épargne retraite à trente ans peut être à 90 %. Raisonne poche par poche, selon l'horizon de chacune, plutôt qu'avec un seul pourcentage global.
Comment obtenir la part « sécurisée » concrètement ?
Trois options selon l'enveloppe : le fonds en euros d'une assurance-vie (capital garanti), un ETF obligataire, ou un fonds monétaire pour du très court terme. Chacun a son profil — le fonds en euros garantit le capital, l'ETF obligataire peut baisser mais rapporte davantage sur le long terme.

Contenu pédagogique général, pas un conseil personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.