Aller au contenu
Niveau 3 · Ton capital✓ Chiffres vérifiés : juillet 2026

Et la crypto, alors ?

Ma position, sans détour : la crypto peut avoir une place dans un patrimoine, mais uniquement comme satellite — une part plafonnée, décidée à l’avance, dans un patrimoine dont les fondations sont déjà solides. Concrètement : pas plus de quelques pourcents, jamais avant le matelas de sécurité, et seulement avec de l’argent dont la disparition complète ne changerait rien à tes projets.

C’est le cadre que j’utilise pour tout ce qui sort de l’ordinaire. Le cœur — 80 à 100 % de ce que tu investis — est constitué de placements diversifiés, peu chargés en frais, dont l’espérance de rendement repose sur des décennies de données : actions mondiales, obligations. Le satellite — 0 à 20 % — accueille ce qui est plus risqué, plus concentré ou plus spéculatif : capital-investissement, financement participatif, actifs alternatifs, crypto.

La crypto se situe dans la partie la plus volatile de ce satellite. Une allocation raisonnable tourne autour de 1 à 5 % du patrimoine investi — un montant qui peut compter s’il monte fortement, et qui ne casse rien s’il tombe à zéro.

Ce qui est vrai : le bitcoin existe depuis plus de quinze ans, une infrastructure réglementée s’est construite autour, et le cadre européen encadre désormais les prestataires de services sur crypto-actifs. Ce n’est plus un objet marginal, et le balayer d’un revers de main serait paresseux.

Ce qui ne l’est pas : l’idée qu’il s’agirait d’un placement de long terme comparable aux actions. Une action représente une part d’une entreprise qui produit des biens, des services et des bénéfices — sa valeur repose sur des flux économiques. Un crypto-actif ne produit aucun flux : son prix dépend entièrement de ce qu’un autre acheteur acceptera de payer. Ce n’est pas une critique morale, c’est une différence de nature qui change tout à la manière de l’évaluer.

Ce qui est vrai aussi : la volatilité est d’un autre ordre. Des baisses de 70 à 80 % se sont produites plusieurs fois, y compris récemment. Une allocation à 5 % qui perd 80 % coûte 4 % du patrimoine — supportable. À 40 %, elle en coûte 32 %, ce qui peut détruire un projet de vie.

Actions (ETF monde)Crypto-actifs
Ce que ça représenteDes parts d’entreprises qui produisent des bénéficesUn actif numérique sans flux financier
Historique disponiblePlus d’un siècleUne quinzaine d’années
Baisse maximale observéeEnviron −50 %Environ −80 %, à plusieurs reprises
Place recommandéeLe cœur, 80 à 100 %Le satellite, 1 à 5 %
Fiscalité en France31,4 % (ou 18,6 % en PEA)31,4 % à la cession en euros

Chiffres vérifiés : juillet 2026 — ils évoluent dans le temps.

Quatre règles, et elles ne sont pas négociables si tu veux que ça reste raisonnable.

Fixe le pourcentage avant d’acheter, et écris-le. Sans plafond décidé à froid, une hausse te poussera à en remettre — c’est le mécanisme par lequel un satellite de 3 % devient un cœur de 30 % sans qu’on l’ait décidé.

Passe par un prestataire enregistré. Vérifie son enregistrement auprès de l’AMF et sa conformité au cadre européen. La majorité des pertes définitives ne viennent pas des marchés, mais de plateformes qui ferment.

Reste sur ce que tu comprends. Les actifs les plus établis, pas la nouveauté du mois. Toute promesse de rendement fixe sur de la crypto — « 12 % garantis en staking » — relève des signaux d’alerte des arnaques.

Tiens tes comptes. Chaque cession en euros est un événement fiscal à déclarer, imposé à 31,4 %. Note tes dates, montants et prix d’acquisition au fur et à mesure : reconstituer ça trois ans après est un cauchemar.

Questions fréquentes

Je peux mettre de la crypto dans un PEA ou une assurance-vie ?
Pas directement : le PEA n'accepte que des actions et ETF actions éligibles, et les crypto-actifs en sont exclus. Quelques assurances-vie proposent des supports indirectement exposés, souvent chargés en frais. En pratique, la détention se fait via un prestataire dédié ou un compte-titres, avec une imposition à 31,4 % lors de la conversion en euros.
Faut-il investir progressivement ou en une fois ?
Progressivement, plus encore qu'ailleurs : sur un actif dont les variations dépassent 50 % en quelques mois, le point d'entrée devient déterminant. Des versements réguliers et modestes évitent de concentrer tout son achat sur un sommet.
Mon ami a fait x10, je passe à côté de quelque chose ?
Peut-être. Mais tu n'entends pas parler de ceux qui ont acheté au sommet de 2021 et attendu quatre ans — ils sont pourtant plus nombreux. Une décision d'investissement se prend sur une distribution de résultats possibles, pas sur l'anecdote la plus marquante de ton entourage. C'est aussi vrai en Bourse, en immobilier et au casino.
Qu’est-ce que tu réponds à un client qui veut y mettre 30 % ?
Je lui demande ce qu'il ferait si cette part perdait 80 % l'année suivante — en euros, pas en pourcentage. Si la réponse compromet un projet réel (un apport, une retraite), on redescend. Si l'argent est vraiment perdable et que la volatilité ne l'empêche pas de dormir, c'est son choix : mon rôle est qu'il le fasse en connaissance de cause, pas de décider pour lui.

Contenu pédagogique général, pas un conseil personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.