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Niveau 3 · Ton capital

Que faire quand la bourse chute ?

Réponse courte : rien. Tu continues à investir comme prévu, tu ne regardes pas ton solde tous les jours, et tu ne vends pas. Une baisse n’est pas un accident du système — c’est le prix normal du rendement des actions, et ton plan l’avait déjà prévu. Cette page existe pour être relue au mauvais moment, quand la réponse courte devient difficile à appliquer.

Les baisses sont fréquentes, et c’est normal. Sur les marchés actions, la probabilité historique de se retrouver en perte dépend presque entièrement de la durée pendant laquelle tu regardes :

Si tu regardes sur…Probabilité historique d’être en perte
1 jour46 %
1 mois39 %
1 an27 %
3 ans17 %
5 ans11 %
10 ans6 %

Exemple mesuré sur les actions américaines, mais l'ordre de grandeur vaut pour les actions mondiales. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Ce tableau contient tout. À un jour, c’est presque une pièce lancée en l’air : ouvrir son application chaque matin garantit de voir du rouge la moitié du temps, pour une information qui ne veut rien dire. À dix ans, la perte devient l’exception.

Ce qui change entre ces deux lignes n’est pas le marché : c’est la durée que tu lui accordes.

Parce qu’une baisse ne devient une perte réelle qu’au moment où tu vends. Avant ça, ce n’est qu’un solde qui s’affiche — désagréable, mais réversible.

Prenons 50 000 € investis qui perdent 30 %. Ton solde affiche 35 000 €. Deux scénarios :

  • Tu ne fais rien. Les marchés rebondissent de 40 % sur les deux années suivantes : tu es à environ 49 000 €. Tu as traversé la crise à l’équilibre.
  • Tu vends au plus bas pour « arrêter l’hémorragie », puis tu attends d’être rassuré pour revenir — c’est-à-dire après le rebond. Tu es toujours à 35 000 €.

L’écart est de 14 000 €, et il n’a rien à voir avec les marchés : il vient d’une seule décision prise dans un moment d’inconfort.

Il y a une raison arithmétique à cette asymétrie. Après une baisse de 30 %, il faut une hausse de 43 % pour revenir au point de départ ; après −50 %, il faut +100 %. Vendre bas puis racheter plus haut, c’est se condamner à combler un écart qui grandit tout seul.

Si tu investis une somme fixe chaque mois, une baisse est mathématiquement une bonne nouvelle : à 300 € par mois, tu achètes plus de parts quand les prix sont bas. Les versements faits pendant les crises sont, historiquement, les plus rentables de tout un parcours d’investisseur.

C’est contre-intuitif, et c’est pourtant le seul avantage réel dont tu disposes face aux professionnels : tu n’as de comptes à rendre à personne sur un trimestre, donc tu peux simplement continuer.

Regarder trop souvent. La fréquence à laquelle tu consultes ton portefeuille n’améliore en rien ton rendement, mais elle augmente fortement la probabilité que tu fasses une bêtise. Une fois par trimestre suffit largement.

Attendre « que ça se calme » pour revenir. Les meilleures journées de Bourse arrivent statistiquement au milieu des pires périodes, souvent quand rien n’est encore réglé. Le moment où l’on se sent rassuré est presque toujours postérieur au rebond.

Changer d’allocation en pleine baisse. Ton allocation a été choisie pour un horizon et une tolérance au risque. La baisse ne change ni l’un ni l’autre — elle ne fait que révéler si tu avais été honnête au moment du choix.

Questions fréquentes

Faut-il investir davantage quand ça baisse ?
Si tu as des liquidités destinées au long terme, renforcer pendant une baisse a historiquement été payant. Mais attention à deux choses : ne prends jamais cet argent sur ton matelas, et n'essaie pas de viser le point le plus bas — personne ne le reconnaît autrement qu'après coup. Continuer tes versements réguliers fait déjà l'essentiel du travail.
Comment savoir si c’est une correction ou un vrai krach ?
On ne le sait qu'après, et c'est précisément pour ça que la question n'a pas d'intérêt pratique. La bonne nouvelle : la réponse est la même dans les deux cas. Un plan qui dépend de ta capacité à distinguer les deux n'est pas un plan.
Mon conseiller me propose de « sécuriser » mes positions, je fais quoi ?
Demande-lui deux choses : à quel moment il envisage de revenir sur les marchés, et selon quel critère précis. S'il n'a pas de réponse claire, « sécuriser » signifie vendre bas sans plan de retour — ce qui transforme une baisse temporaire en perte définitive. Et si l'opération génère des frais d'arbitrage, la question de son intérêt à la proposer se pose aussi.
Je n’arrive pas à dormir avec cette volatilité.
C'est une information précieuse, pas une faiblesse : elle signifie que ton allocation est trop risquée pour toi. La bonne réaction n'est pas de tout vendre, c'est de réduire ta part d'actions à un niveau que tu peux tenir — après la crise si possible, pour ne pas cristalliser la baisse. Un portefeuille à 50/50 qu'on garde bat un portefeuille à 100 % actions qu'on abandonne au premier orage.

Contenu pédagogique général, pas un conseil personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.